Los Angeles !

Chaque ville importante peut être reconnue par son centre ville. Bien souvent, une simple photographie suffit pour y associer le nom d’une cité.

Paris et la Tour Eiffel, Londres et Big Ben apparaissent constamment comme les symboles de ces villes. Ils sont présents dans les films et sont généralement des chef-d’oeuvres ou des particularités architecturales.

…pas à Los Angeles

Le symbole de Los Angeles est son hôtel de Ville : un édifice de style classique, sobre, carré et blanc. Il s’élève tel un phare à 450 pieds (+- 140 mètres) au-dessus du centre ville. C’est un des bâtiments les plus hauts de la ville, qui, à cause des tremblements de terre, ne peut avoir de constructions trop élevées.

L’édifice, dont la construction a débuté en 1928, a atteint sa hauteur actuelle avec l’agrandissement terminé en 1957. Construit en granite légèrement gris, le style architectural est classique et méditerranéen tout en étant à la fois moderne. Il est tellement associé à l’image symbolique de Los Angeles que bon nombre de films montrent une vue panoramique du centre ville avec l’inévitable hôtel de ville.

Los Angeles a connu de meilleurs jours. La croissance économique de l’après-guerre avait permit l’accès à l’automobile à un bien plus grand nombre de personnes. Cette démocratisation de l’automobile et l’augmentation du niveau de vie a poussé les résidents à créer des banlieues résidentielles. En conséquence, les champs et les orangeraies ont été rasés. Logiquement, les centres commerciaux se sont installés pour servir les banlieues, donnant ainsi un coup de grâce au centre ville. Un des meilleurs exemples est sûrement l’hôtel Alexandria où descendaient Charlie Chaplin et autres stars du moment. Aujourd’hui, l’hôtel est un nid de dépossédés vivants du chômage et n’est plus que l’ombre de lui-même : les tapis sont usés, les dorures noircies, et en guise de majordome, c’est un gardien de sécurité qui accueille les visiteurs. Les occupants dévisagent les nouveaux arrivants.

Le soir, certains quartiers du centre ville sont des repères de sans-abri ou des zones de non-droit. Toute une faune variée hante la nuit. Des travailleurs aux arrêts de bus se serrent les uns contre les autres et un  individu isolé est sollicité pour de l’argent. Certains sans-abri en haillons déambulent, hurlant ou balbutiant des mots incompréhensibles aux rues sourdes. Beaucoup semblent souffrir de troubles mentaux et la grande majorité semblent vivre dans les rues depuis plusieurs années déjà. Les poubelles, maintes fois visitées le jour, le sont encore une fois la nuit,  l’estomac n’étant jamais complètement satisfait.

Ces images anachroniques contrastent avec le décor contemporain.

Même dans la cinquième économie du monde, il est inévitable que l’activité économique n’embrasse pas tout le monde ; cependant les chèques du chômage leur sont tout de même délivrés.  

Que cela ne trouble pas vos prochaines vacances à Los Angeles  ! Sachez apprécier l’ambiance, les bons côtés et les opportunités de Los Angeles tout en vous rappelant que cette ville fait partie de la planète et de ses contraintes.

François Erguinoz