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Interview exclusif du Grand Maître du Grand Orient pour Rendezvousla |
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Monsieur Alain Bauer, Grand maître du Grand Orient en France |
Monsieur Dennis Hargrove, Vénérable Maître de la Loge " Art et Lumière " de Los Angeles |

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La Franc-Maçonnerie à Los Angeles Vendredi 2 novembre, 2001 – Santa Monica Rendezvousla.com rencontre Monsieur Alain Bauer, Grand maître du Grand Orient en France, et Monsieur Dennis Hargrove, Vénérable Maître de la Loge " Art et Lumière " de Los Angeles. Patrice Atoun : parlez-moi de votre but. Quelle est la philosophie du franc-maçon ? Alain Bauer : La Franc-maçonnerie fonctionne avec des frères qui constituent des Loges qui appartiennent à des obédiences. C’est le niveau fédéral aux US. Les Loges sont créées des villes et au niveau des états nous avons des régions. Le Grand Orient de France, né en 1728, est une des plus grandes obédiences du monde avec l’obédience anglaise qui est née en 1717. Il groupe 1000 Loges et 43 000 frères. Il est présent dans 34 pays différents qui sont essentiellement des pays francophones ou historiquement amis. Benjamin Franklin était Vénérable Maître Président d’une Loge de France à Paris lorsqu’il était ambassadeur, que Lafayette était un franc-maçon connu et que nous avons rompu avec nos amis anglais en 1776 entre autres parce qu’ils nous reprochaient de financer les insurgés américains. Nous avons une mission historique de présence. Le Grand Orient de France a quatre Loges aux Etats-Unis : à New York, Washington, San Francisco et Los Angeles et une Loge au Canada à Montréal. La plus ancienne est celle de New York avec un peu plus de 100 ans. Voici comment fonctionne la Franc-Maçonnerie dont je suis pour l’instant le Grand Maître, c’est-à-dire le Président élu du Grand Orient de France. Patrice Atoun : Quels sont les responsables locaux ? Alain Bauer : Le Vénérable Maître est le Président local. Dennis Hargrove est le Président de la Loge de Los Angeles. Patrice Atoun : Parlez-moi de votre but. Qu’est-ce que c’est qu’être franc-maçon ? Alain Bauer : La Franc- Maçonnerie a été fondée par un homme qui a eu l’idée de créer un espace de liberté et de progrès qui s’appelait Isaac Newton, le fondateur de la maçonnerie spéculative. En général, on mélange deux maçonneries, la maçonnerie opérative qui est celle du savoir-faire, de la pierre, du bois, du fer qui sont des maçonneries opératives au sens qu’il faut maîtriser un savoir-faire particulier. On ne peut pas mettre deux pièces de bois uniquement en allant chercher du bois. Il doit y avoir un savoir-faire pour que cela tienne. Cela a été la maçonnerie du départ. C’est une maçonnerie purement opérative qui d’ailleurs ne se proclame pas comme maçonnerie. Ils pensent qu’ils sont des corporations, des métiers, des Compagnonnages. La maçonnerie spéculative, la nôtre, a été inventée parce qu’Isaac Newton en avait assez des interdits, des index : la terre était plate et tout ce qui était nouveau était dangereux. L’Angleterre était un pays en pleine guerre civile et de religion alors que dans les autres pays apparaissait l’imprimerie ici, la reforme protestante là, l’encyclopédie en France, et il s’est trouvé agacé par cette impossibilité de discuter du progrès. Pour discuter de ces sujets, il s’est mis en situation d’inventer l’Académie des Sciences. Cela a été la Royale Société. Mais cela ne lui suffisait pas pour un scientifique. C’était bien mais il souhaitait également parler de progrès social, de liberté de pensée, d’échanger des idées, en bref de sortir de la gangue qu’étaient les interdits religieux. Donc, il a inventé avec ses amis, dont James Anderson et d’autres, ce qui allait s’appeler la maçonnerie. Ils ont créé des Loges maçonniques qui ont commencé à se réunir et qui, en 1717, ont fondé la première grande Loge de Londres, à la suite de quoi la maçonnerie s’est développée. La maçonnerie est un espace où l’on à la fois une recherche individuelle où l’on se cherche soi- même grâce à un parcours qui commence par une initiation. Ce n’est pas une association comme une autre ou l’on adhère en payant sa cotisation. C’est un choix d’adhésion qui passe par une initiation avec des règles assez strictes pour être accepté et c’est un engagement social et citoyen, un équilibre entre les deux. C’est ce que l’on appelle la maçonnerie de la liberté de conscience où l’on accueille des croyants et des non-croyants pourvu qu’ils n’imposent rien aux autres. C’est la maçonnerie type du Grand Orient de France dite "adogmatique". Nous qualifions "d’intégristes " la maçonnerie anglaise et un peu la maçonnerie américaine parce qu’elles obligent à croire en un Dieu révélé. Elles n’ont pas le droit de ne pas croire. C’est très américain. Il n’y a pas de commentaires particuliers, c’est une réalité technique. C’est arrivé très tard, il y a eu une sorte de retour, bien qu’il y ait eu une séparation de l’église et de l’état. Donc, le problème a été pour la maçonnerie d’exister comme un élément de progrès. Par exemple, le Grand Orient de France a créé les conditions de dialogue qui ont permis la révolution française. Il n’a pas fait la révolution, ce n’est pas notre métier, mais en reconnaissant des frères parmi la noblesse, le clergé et le tiers état sans faire de distinction de statut social dans les Loges, basé sur le principe de l’égalité, l’élection des présidents de Loge en 1773 était quasiment exotique car cela n’avait aucun sens. Cela voulait dire qu’un homme du tiers état, un bourgeois, pouvait être élu, être Président d’une Loge et donc diriger des travaux avec des nobles et des membres du clergé qui étaient au-dessus de lui dans le statut social de tous les pays à peu près. La maçonnerie est un endroit où, en Angleterre on a accueilli des juifs, en France des musulmans et des noirs alors que ce n’étaient pas des citoyens, pas des individus, on ne sait pas très bien ce que c’était mais c’était autre chose. La maçonnerie s’est trouvée dans cette situation d’accepter des gens qui n’étaient pas considérés simplement parce qu’ils étaient érudits. Ils étaient cultivés, ils avaient des idées. La maçonnerie s’est créé comme cela et elle a continué imperturbablement à faire cela. Elle a été une maçonnerie républicaine, puis une maçonnerie révolutionnaire, une maçonnerie impériale, puis une maçonnerie des 100 jours, puis une maçonnerie de la deuxième restauration, puis une maçonnerie révolutionnaire ; ainsi, en 1848, ce sont les Loges maçonniques qui ont fait l’abolition de l’esclavage ainsi que la liberté de la presse et la liberté de réunion. Ce sont des produits purement de la maçonnerie. Les débats étaient maçonniques et tous les révolutionnaires du gouvernement provisoire étant quasiment des frères, on ne savait pas très bien si c’était une tenue maçonnique ou une réunion de gouvernement. La vraie république maçonnique était celle-la. C’était la même chose aux États-Unis. GeorgeWashington était maçon. Vous avez treize présidents des États-Unis, probablement un peu plus, quatorze ou quinze qui ont été francs-maçons, dont Roosevelt, etc.
Patrice Atoun : On a l’impression, notamment en France, que la Franc-Maçonnerie est un pouvoir dans l’état. On ressent son pouvoir et sa présence mais c’est quelque chose de caché et d’indéfinissable qui fait un peu peur car on ne voit pas les francs-maçons. Alain Bauer : C’est une mythologie. La franc-maçonnerie est devenue discrète ou secrète non pas en 1750 ou en 1925 mais en 1945. Avant cela, la maçonnerie était au grand jour comme celle des États-Unis. On défilait derrière la bannière dans les villes et la maçonnerie était extrêmement visible. En 1939, les maçons ont eu la surprise de constater que le Maréchal Pétain ne les aimait pas beaucoup. Ils sont devenus un peu comme les anciens combattants juifs de 14-18 qui pensaient qu’ils ne leur arriveraient rien parce qu’ils avaient été au front sous les ordres de Pétain. Les lois antimaçonniques ont procédé en quelque sorte de la même façon que des lois antijuives, ceci pour vous indiquer les faveurs que les francs-maçons avaient dans l’opinion parce qu’ils étaient en général républicains. Ils n’étaient pas véritablement conservateurs. Il y avait 29 000 maçons en 1939 et en 1945, il n’en restait plus que 5500 ! Ce jour là, ils ont décidé de se mettre à l’abri, ce qui ne leur était jamais arrivé. S’ils avaient été secrets auparavant, cela ne serait jamais arrivé. Le secret n’appartient pas aux traditions franc-maçonniques. La Franc-Maçonnerie est consubstantiellement liée à la République. Prenez le bulletin des lois en 1789, il y a l’équerre, le compas et le triangle avec l’œil. C’est une maçonnerie au grand jour simplement parce qu’elle a un destin commun avec ce qu’ont été les valeurs républicaines et qu’elle continue à les avoir. Après cela, il y a autant d’opinions en maçonnerie qu’il y en a dans la vie. Il y a autant de maçons de gauche que de droite, de conservateurs que de progressistes. Patrice Atoun : La Franc-Maçonnerie représente donc un panel et une mosaïque de la société ? Alain Bauer : Elle est plus composée d’érudits et de la classe moyenne que d’agriculteurs et d’ouvriers du bâtiment y compris d’ouvriers de la métallurgie. Ce n’est pas par choix mais lorsque l’on se réunit le soir à 20 h deux fois par mois, il faut pouvoir être en situation de non fatigue mais ceci dit, c’est une maçonnerie de la classe moyenne, des intellectuels, des érudits, des instituteurs, des professions de santé et ceci dans tous les pays. Patrice Atoun : Est-ce qu’il existe une différence potentielle entre la Franc-Maçonnerie aux États-Unis et en France ? Alain Bauer : Celle des États-Unis, pour l’instant, avait une position claire qui était l’obligation de croire en un Dieu révélé donc, c’est pour nous une maçonnerie qui a un choix d’obligation qui n’est pas conforme à la vision que nous avons en France ou nous avons le droit de croire ou de ne pas croire ; nous avons une différence très forte d’appréciation. Mais il y a par exemple aux États-Unis beaucoup d’obédiences comme le Grand Orient, dont la Grande Loge de Belgique, le Droit Humain, la Grande Loge de France, La Grande Loge Féminine de France, des Loges suisses qui ont la même vision que nous, c’est-à-dire adogmatique et une obédience américaine. La George Washington Union (GWU) reçoit des anglophones, (tandis que nous recevons plutôt des francophones), de toutes les nationalités et a la même conviction que nous sur l’adogmatisme. Il faut savoir qu’historiquement, les Loges anglo saxonnes aux Etats-Unis comme en Grande Bretagne ont perdu 70% de leurs effectifs depuis 50 ans. Ils sont entrain de vivre un vieillissement très important lié à une crise structurelle à cause de cette obligation et de cette rigidité alors que les Loges européennes d’aspiration libérale sont à leur plus haut niveau de l’histoire. Il n’y a jamais eu autant de maçons en France et en Belgique. Les maçons anglo saxons s’interrogent. Est-ce qu’ils meurent ou changent ? Cela fait partie des débats qui existent aujourd’hui. Patrice Atoun : Vous avez dit quelque chose de très intéressant au sujet des femmes. Vous avez parlé des Loges Féminines. Si je comprends bien, il existe des Loges masculines et des Loges féminines. Alain Bauer : Il existe même des Loges mixtes. Traditionnellement, les Loges féminines sont nées en France dans le Grand Orient de France et cela s’appelle des Loges d’adoption. Pourquoi avons-nous ce problème ? Parce que le rédacteur de la charte de la Franc- maçonnerie universelle, James Anderson, a rédigé un texte en 1723 qui dit que pour être franc-maçon il faut être un homme libre et de bonne foi. Une partie de la Franc-Maçonnerie a compris "homme" en entendant "homme libre" et a donc interdit l’accès à la maçonnerie aux femmes, et c’est le cas de la maçonnerie anglo-saxonne. Une autre partie de la maçonnerie, la nôtre, a compris "libre". Les femmes n’étant pas libres, c’était à peu près normal qu’elles ne soient pas maçonnes. Attention aux mots. Elles se sont émancipées, elles ont eu un statut d’électrices, de citoyennes, etc… et la maçonnerie française a reconnu les femmes comme des sœurs. Nous avons subi deux évolutions antagonistes. Les adogmatiques reconnaissent le fait féminin en maçonnerie soit dans des Loges féminines ou l’on ne reçoit que des femmes, (Grande Loge Féminine de France, Grande Loge Féminine de Belgique) et les membres de la Loge sont des femmes soit dans des obédiences mixtes comme le Droit Humain ou les Grandes Loges mixtes, (Georges Washington Union) ou l’on accueille et l’on initie des hommes et des femmes. Cela est le problème de l’initiation. Le Grand Orient n’initie pas de femmes mais elles sont les bienvenues aux travaux. Elles assistent à toutes les tenues comme des frères et sont reconnues avec le même respect. C’est la seule obédience masculine à être dans cette situation pour l’instant. C’est la seule obédience à reconnaître les obédiences féminines et mixtes et à les accueillir dans les travaux. Patrice Atoun : Les femmes peuvent donc assister à toutes vos tenues sans aucun problème ? Alain Bauer : Tout à fait, mais nous n’initions pas de femmes. Nous aidons à créer des Loges féminines ou mixtes pour ce moment particulier de l’initiation. Patrice Atoun : Qu’est-ce que l’initiation ? Alain Bauer : C’est une cérémonie particulière. Patrice Atoun : Que faut-il être ou ne pas être pour devenir franc-maçon ? Alain Bauer : Il faut être un homme libre et de bonne foi. Il faut vouloir le devenir. La maçonnerie n’est pas une secte. Il est difficile d’y entrer mais facile à en sortir et cela coûte moins cher que l’abonnement au café du coin. Les deux tiers des francs-maçons sont sponsorisés par d’autres maçons. Un tiers font une lettre pour devenir franc-maçon. Par exemple, je suis Grand Maître mais j’ai été candidat libre. Je reçois environ 500 ou 600 lettres par an, parfois un millier. Cela dépend des événements, des médias, du temps qui passe. On choisit la Loge de l’adresse du candidat et on lui demande s’il veut être plutôt dans une Loge proche de l’adresse de son travail ou son adresse de domicile, ce qui est important lorsque l’on travaille loin de chez soi. Le Vénérable Maître reçoit un dossier disant que Monsieur Untel a souhaité rejoindre la franc-maçonnerie. Le Vénérable maître va designer trois personnes de la Loge que personne ne connaît (a part lui) afin de rencontrer le candidat. Ils vont alors parler de la vie, de la mort, de ses opinions sur des sujets importants : la liberté de conscience, le droit au doute, la tolérance et d’autres sujets encore. Ils vont faire chacun un rapport et il y aura une réunion de la Loge ou les frères vont entendre le rapport. Ils vont ensuite voter au vu du rapport (sans toujours savoir qui sont les trois inspecteurs). Une fois que la Loge a voté la poursuite de l’enquête, on invite le candidat à faire un grand oral. Toute la Loge est là et lui pose des questions sur les sujets que frères souhaitent. Le candidat recevra ensuite une lettre ou un e-mail qui lui dira s’il est accepté ou non. Il faut savoir que, pour être accepté dans une Loge, il faut obtenir plus de 75% des voix. A partir du moment où quelqu’un est sponsorisé dans une Loge, il est très rare que la Loge le refuse. Le nouveau candidat est ensuite convoqué à l’initiation. Il y a une procédure, un rituel qui amène à s’interroger sur soi-même et qui est systématiquement chez nous un processus où l’on demande à la personne si elle veut vraiment devenir franc-maçon. Patrice Atoun : Combien de temps dure l’initiation ? Alain Bauer : L’initiation dure quelques heures. Tout ce qui a été écrit sur l’initiation ne correspond à rien de ce que chacun d’entre nous a vécu parce que cela est équivalent à un coup de foudre, à quelque chose que l’on vit qui ne s’exprime pas. Il y a ceux qui la vivent immédiatement, ceux qui la vive avec du décalage et ceux qui ne l’ont jamais vécue (cela arrive). Après l’initiation, on devient apprenti. Pendant une année au moins, parfois un an et demi ou deux ans, on est condamné au silence. On est obligé d’écouter les autres sans prendre part aux débats. Ensuite, La Loge informe que le moment est venu de passer compagnon. Alors là, on fait des travaux sur un sujet symbolique, ésotérique, par exemple le chiffre trois ou le silence, un sujet social qui peut être l’intégration, l’intégrisme, la paix, etc.… C’est la Loge qui choisit. Lorsque l’on est devenu compagnon, on a droit le prendre la parole dans la Loge mais d’une manière modérée. Au bout d’un ou deux ans, on fait un autre travail et l’on devient Maître. Là, on a l’intégralité de ses droits et devoirs puisque l’on est le degré ultime de la maçonnerie. Au bout d’un certain nombre d’années, on peut devenir le Président de sa Loge, Conseiller de l’Ordre, c’est-à-dire membre du Conseiller Fédéral, Grand Maître, si on le souhaite, mais pour une durée limitée, en général une durée de trois ans avec un nombre de fois relativement limitées aussi et avec un processus de contrôle pointilleux. Voilà comment fonctionne le système. Patrice Atoun : J’aimerais savoir ce que le Vénérable Maître Dennis Hargrove souhaite pour la Loge " Art et Lumière " de Los Angeles. Dennis Hargrove : J’espère inviter tous les francophones des États Unis et du Canada qui ne connaissent peut être pas notre existence aux États-Unis. Notre mouvement qui est universel doit pouvoir être manifesté universellement. Il y a beaucoup de français, de francophones et de francophiles dans Los Angeles et aux États-Unis. Il y a des Français qui sont de Loges anglophones et qui nous rendent visite. Cela leur fait du bien de retrouver leur culture. C’est en somme une question de confort dans la langue. Si la pratique du Français existe dans des Loges américaines, il n’y a pas la possibilité du débat ni la reconnaissance des femmes. Il y a beaucoup d'ouverture de travaux, de fermeture de travaux mais on n’a pas le droit aux questions sociales. On n’a pas le droit d’aborder les questions politiques. Pourquoi James Anderson a-t-il écrit cela ? Parce que l’on était en pleine guerre de religion et c’est un souvenir cuisant. Le Grand Orient de France n’est ni de gauche ni de droite : Le grand Orient de France est favorable a l’avortement et contre l’esclavage. Aux États-Unis, c’est impossible d’avoir ce genre de discussion, d’avoir le droit au débat sur des questions de société. Tout le débat que l’on a aujourd’hui est quand les obédiences vont changer. La disparition de la maçonnerie anglaise n’est pas une bonne nouvelle ni un sujet de satisfaction. Mais s’ils ne souhaitent pas changer, ils doivent garder leur maçonnerie intégriste. Aujourd’hui, on n’a pas un problème de langue. On a des obédiences francophones, belges suisses et françaises, le droit au débat et reconnaissance des femmes (GWU) qui ont les mêmes valeurs que nous et qui travaillent avec nous. La Franc-Maçonnerie française est présente dans 37 pays. Elle défend des valeurs de type républicain partout où il n’y a pas de liberté de choix. Patrice Atoun : Pourquoi le nom Grand Orient ? Parce que c’est là d’où vient la lumière. Les Grandes Loges sont une structure pyramidale. Il y a un suprême qui dirige de tout en haut. Les Grand Orients sont une structure basique, c’est le convent, l’assemblée générale qui dirige, les Grand Maîtres n’étant là que pour une période provisoire et n’étant qu’un instrument de l’assemblée. Patrice Atoun : Monsieur Alain Bauer, Monsieur Dennis Hargrove, nous vous remercions de nous avoir accordé cette interview exclusif.
Alain Bauer enseigne la criminologie et les menaces
criminelles à la Sorbonne.
"A l'aube du XXIe siècle, la montée des intégrismes et des extrémismes représente un véritable danger pour la société dans laquelle nous vivons. Le Franc-maçon se doit de s'y opposer afin que son idéal de Solidarité, de Laïcité et de Tolérance soit un jour une réalité". "A l'aube du XXIe siècle, adhérer à la Franc-maçonnerie, institution vieille de plus de deux siècles et demi, c'est décider de devenir un militant des Droits de l'Homme et de la Liberté Absolue de Conscience". Rendezvousla.com |